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Le puits canadien et la ventilation

Principe de fonctionnement : Puits canadien, principe de fonctionnement
    Le puits canadien, connu parfois sous le nom de puits provençal, est un système de climatisation extrêmement simple et efficace. Il est constitué d'un échangeur tubulaire enterré sous terre, dans lequel circule l'air neuf qui va rentrer dans l'habitation. Durant les quelques secondes que dure le transit de l'air, les calories s'échangent du sous-sol vers l'air frais en hiver, et de l'air chaud vers le sous-sol en été. Ce système apporte donc de la fraîcheur quand il fait chaud et de la chaleur quand il fait froid, moyennant un simple ventilateur.

En polyéthylène, polypropylène ou en grès vitrifié, le tuyau doit être enterré à une profondeur suffisante pour bénéficier d'une température la plus constante possible à l'année. Le meilleur rapport bénéfice/prix se situe aux environs de 1m70 d'enfouissement : température très stable, durée de creusement raisonnable et pas d'étayage selon les entrepreneurs. La nature du terrain et son humidité jouent aussi un très grand rôle dans l'efficacité de l'échange thermique. Plus le matériau sera fin et humide, plus l'échange de calories sera rapide. Une attention toute particulière doit être apportée à l'étanchéité du réseau d'un bout à l'autre, afin de ne pas risquer d'aspirer de radon*, et au maintient d'une pente régulière** lors de la pose du conduit.

Ventilation et choix éclairé :
    La ventilation des logements peut représenter jusqu'à 1/4 des déperditions thermiques. C'est donc, avec l'isolation des murs et des plafonds, une préoccupation de premier ordre pour qui veut faire des économies. Plusieurs stratégies sont possibles selon le degré de perfection et le budget :

1) La Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) simple flux aspire l'air vicié dans les "pièces d'eau" (WC, salle de bain et cuisine), créant ainsi une dépression qui s'équilibre avec l'entrée d'air neuf par les imperfections du bâtiment ou par les réglettes placées dans les huisseries.

2) La VMC hygroréglable fonctionne sur le même principe à la différence que les bouches d'aspiration sont auto-réglables en fonction de l'humidité de la pièce : plus le taux d'humidité est faible, plus le débit d'extraction baisse.

3) La Ventilation Mécanique par Insufflation (VMI) est une VMC simple flux qui souffle au lieu d'aspirer. L'air est insufflé de manière centrale et s'évacue par les aérations des pièces d'eau moyennant un dé-talonnage des portes.

4) La VMC double flux comporte quant à elle deux ventilateurs. L'un aspire l'air vicié comme les VMC 1) et 2), et le second insuffle l'air neuf après passage par un échangeur thermique. Autrement dit, la chaleur de l'air sortant est transmise à l'air entrant sans mélange des deux, et avec un rendement supérieur à 90%.

 La VMC simple flux, la moins chère des quatre, est la moins efficace. Elle aspire 24h/24 de gros volumes d'air, en point haut donc l'air le plus chaud, sans se soucier de l'humidité réellement évacuée. L'air est bien renouvelé mais les calories chèrement gagnées s'envolent aussitôt...
 Concernant la VMC hygroréglable, le bridage automatique des bouches d'aspiration limite le débit d'extraction quand le taux d'humidité est conforme. Il y a donc une parfaite modulation du renouvellement d'air en fonction du mode de vie des occupants, mais l'air chaud extrait est toujours remplacé par de l'air froid venant de l'extérieur.
 La VMI quant à elle, présente l'intérêt de ne pas faire rentrer d'air froid dans la maison. L'air filtré et préchauffé électriquement en hiver, est soufflé vers le sol dans une entrée ou un couloir et homogénéise la température de l'air. C'est donc un air moins chaud que pour 1) et 2) qui est forcé à sortir par les ouïes calibrées des fenêtres.

 Enfin, la VMC double flux, la plus efficace mais malheureusement la plus chère à l'achat, présente le gros avantage d'insuffler de l'air neuf préchauffé par les calories qui étaient perdues dans les systèmes 1) et 2), ce qui limite les besoins en chauffage et la sensation désagréable des réglettes d'air froid au dessus des fenêtres. La maison peut alors être parfaitement étanche à l'air*** pour une isolation thermique poussée. Ce système peut être couplé à un puits canadien dans un soucis ultime de chasse aux déperditions. L'air neuf préchauffé par le puits canadien récupère dans un second temps les calories de l'air vicié au niveau de l'échangeur de la VMC.
Il ne reste donc que quelques degrés à apporter pour maintenir une température constante. Le niveau de confort bien supérieur et les économies d'énergies engendrées par ce couplage justifient largement l'investissement.

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* : Le radon est un gaz radioactif, naturellement présent dans le sol, et à plus forte concentration dans les massifs granitiques (massif armoricain et massif central notamment).

** : La condensation de l'air chaud sur les parois froides en été est inévitable et sujette à un développement fongique en cas de rétention prolongée. Il faut donc veiller à poser le conduit sur un lit de sable parfaitement plat avec une légère pente dans le sens du flux.

*** : Il ne faut pas confondre étanchéité à l'air et étanchéité à la vapeur d'eau. La première est recherchée de plus en plus pour limiter les déperditions de chaleur par les "trous de souris" ; la seconde n'est utile que devant un isolant minéral qui perd toute sa résistance thermique en présence de condensation.